Publié le 15 mars 2024

Contrairement à la croyance populaire, la méthode SMART seule ne suffit pas à vaincre la procrastination ; la clé est de construire un plan qui anticipe et désamorce vos propres mécanismes d’auto-sabotage.

  • L’auto-sabotage n’est pas un signe de faiblesse, mais un mécanisme de protection complexe qu’il faut d’abord diagnostiquer.
  • Reprendre le pouvoir ne consiste pas à tout contrôler, mais à se concentrer sur votre cercle d’influence direct.

Recommandation : Avant de définir un objectif, évaluez vos 4 piliers de vie pour garantir un alignement profond et durable, rendant votre plan résistant à l’abandon.

Vous avez des carnets remplis d’idées, des tableaux Pinterest débordant de projets et une ambition qui vous anime. Pourtant, les semaines passent et ces rêves restent à l’état d’ébauches. Cette frustration, ce décalage entre l’effervescence de vos pensées et l’inertie de vos actions, est un symptôme classique de la procrastination chez les esprits créatifs. Vous avez probablement tout tenté : la méthode SMART, les listes de tâches à n’en plus finir, les promesses de « bonne volonté ». Ces outils sont utiles, mais ils traitent le symptôme, pas la cause profonde.

Et si le problème n’était pas votre manque de discipline ou la qualité de vos objectifs ? Si la véritable barrière était un mécanisme interne, invisible et puissant, qui torpille vos efforts juste avant qu’ils ne portent leurs fruits ? Cet article ne vous donnera pas une énième formule magique. En tant que coach, mon approche est orientée résultats : nous allons d’abord poser un diagnostic précis sur les raisons de votre blocage. Nous allons identifier les schémas d’auto-sabotage et les croyances qui vous paralysent.

Ensuite, et seulement ensuite, nous construirons un plan d’action sur 90 jours. Non pas un plan rigide et parfait, mais un cadre souple et résilient, conçu pour résister à vos propres tentatives de sabotage. L’objectif n’est pas seulement d’atteindre un but, mais de reprendre le pouvoir sur votre trajectoire, de transformer la procrastination en un élan maîtrisé et de faire enfin de vos rêves des projets concrets et incarnés dans votre quotidien.

Pour vous guider dans cette transformation, cet article est structuré pour vous accompagner pas à pas, du diagnostic des blocages internes à la construction d’un plan d’action réaliste et motivant. Découvrez les étapes clés de cette approche pragmatique.

Pourquoi sabotez-vous vos projets juste au moment où ils vont réussir ?

Le paradoxe de l’auto-sabotage est l’un des freins les plus puissants et les plus méconnus à la réalisation de nos ambitions. Vous êtes sur le point de conclure un dossier, de lancer votre site ou de finaliser une présentation, et soudain, vous trouvez une excuse pour tout remettre à plus tard, vous tombez malade ou vous commettez une erreur qui anéantit vos efforts. Ce n’est pas de la malchance, c’est un schéma. La peur de l’échec est souvent citée, mais la peur du succès est un moteur tout aussi puissant : Que se passera-t-il si je réussis ? Serais-je à la hauteur des nouvelles attentes ? Vais-je perdre ma liberté ? Ces questions créent une angoisse qui rend le statu quo, même insatisfaisant, plus confortable que l’inconnu de la réussite.

Ce comportement n’est pas un signe de faiblesse, mais un mécanisme de défense appris, souvent ancré dans des expériences passées. De façon contre-intuitive, ce n’est pas lorsque vous êtes fatigué que vous vous sabotez le plus. Au contraire, une étude fascinante de l’Université de l’Indiana a révélé que nous nous auto-sabotons lorsque nous disposons du maximum de nos ressources cognitives. Cela suggère que saboter un succès imminent est un acte qui demande beaucoup d’énergie mentale, une stratégie complexe pour maintenir un équilibre interne, aussi précaire soit-il. L’image de cette main lâchant la clé juste devant la serrure est une métaphore parfaite de ce processus.

Vue macro d'une main qui lâche une clé dorée juste avant d'ouvrir une porte

Une étude confirme même que cet acte d’auto-handicap survient paradoxalement lorsque nous disposons de ressources cognitives maximales pour réussir. Reconnaître ce mécanisme est la première étape pour le démanteler. Il ne s’agit pas de se blâmer, mais d’observer avec curiosité : quand et comment ce saboteur interne se manifeste-t-il ? Identifier le déclencheur est essentiel avant de pouvoir mettre en place une stratégie pour le neutraliser et enfin vous autoriser à franchir la porte du succès.

Psychologue ou Coach : qui aller voir pour débloquer une situation professionnelle ?

Une fois l’auto-sabotage identifié, la question du soutien se pose. Face à un blocage professionnel, beaucoup hésitent : faut-il consulter un psychologue, un coach, ou même un praticien en bien-être ? La réponse dépend de la nature de votre obstacle. Ces approches ne sont pas interchangeables ; elles sont complémentaires et répondent à des besoins distincts. Comprendre leur champ d’action respectif est la clé pour choisir l’accompagnement le plus efficace et éviter de perdre du temps et de l’énergie.

Le psychologue travaille principalement sur le « pourquoi ». Son expertise est indispensable si vos blocages sont profondément enracinés dans des traumas, des schémas répétitifs issus de l’enfance ou des troubles anxieux. L’approche thérapeutique vise à sonder le passé pour comprendre et soigner les blessures qui conditionnent votre présent. C’est un travail en profondeur, souvent sur le long terme.

Le coach professionnel, quant à lui, se concentre sur le « comment ». Son rôle n’est pas de soigner, mais de vous accompagner du point A au point B. L’attention est portée sur le futur : définir une vision claire, élaborer une stratégie, lever les freins liés à la performance et mettre en place un plan d’action concret. Le coaching est orienté résultats, généralement sur une période définie de 3 à 6 mois. C’est l’approche idéale si vous êtes fonctionnel mais que vous manquez de clarté, de méthode ou de motivation pour atteindre un objectif précis.

Le tableau suivant synthétise les différences fondamentales entre ces approches, vous aidant à identifier le professionnel le plus adapté à votre situation actuelle. Ce choix stratégique est la première action concrète pour sortir de l’inertie.

Comparaison des approches : Psychologue vs Coach vs Praticien bien-être
Critère Psychologue Coach Praticien bien-être
Focus temporel Passé/Pourquoi Futur/Comment Présent/Corps
Type de blocage traité Traumas, schémas répétitifs Manque de stratégie Tensions corporelles, stress
Question centrale Pourquoi est-ce que je…? Comment faire pour…? Qu’est-ce que mon corps exprime?
Durée moyenne Plusieurs mois/années 3-6 mois Séances ponctuelles

Comme le montre cette analyse comparative des différentes approches professionnelles, chaque expert a un rôle distinct. Choisir le bon partenaire est déjà une victoire sur la procrastination.

Comment arrêter de blâmer les circonstances pour reprendre le pouvoir sur votre vie ?

L’un des schémas les plus courants de la procrastination est de se positionner en victime des circonstances : « Je ne peux pas avancer à cause de mon manager », « Le marché est trop saturé », « Je n’ai pas le temps ». Cette posture, bien que compréhensible, vous place dans un état d’impuissance. Vous attendez que le monde extérieur change pour pouvoir agir. La clé pour briser ce cycle est un concept fondamental en coaching : le Cercle d’Influence, popularisé par Stephen Covey. Il s’agit de distinguer ce sur quoi vous n’avez aucun contrôle (le cercle de préoccupation) de ce sur quoi vous pouvez agir (le cercle d’influence).

Les personnes qui procrastinent passent 90% de leur énergie mentale dans leur cercle de préoccupation : la météo, l’économie, les décisions de leur hiérarchie… Les personnes qui agissent concentrent cette même énergie sur leur cercle d’influence : leurs compétences, leurs réactions, leurs actions quotidiennes, leur attitude. Le secret n’est pas d’avoir un grand cercle d’influence au départ, mais de décider d’opérer exclusivement à l’intérieur de celui-ci. Chaque action menée dans ce cercle l’élargit, tandis que chaque minute passée à se plaindre de ce qui est hors de contrôle le rétrécit.

Étude de Cas : Le déblocage de Georges grâce au Cercle d’Influence

L’exemple de Georges, un cadre contraint à un changement de poste, est éclairant. Pendant deux ans, il a subi sa situation, se focalisant sur l’injustice de la réorganisation (cercle de préoccupation). Un travail sur son cercle d’influence lui a permis de changer de perspective. Il a accepté sa nouvelle réalité (qu’il ne pouvait changer) et s’est concentré sur ce qu’il pouvait maîtriser : se former, créer de nouvelles alliances, définir des objectifs SMART pour son nouveau périmètre. Comme le relate cette analyse de cas d’application en entreprise, ce changement de focus a été le catalyseur qui lui a permis de reprendre sa carrière en main.

Passer de la préoccupation à l’influence est une décision. C’est un entraînement quotidien qui consiste à se demander face à chaque obstacle : « Qu’est-ce qui est sous mon contrôle direct ici et maintenant ? ». Cette simple question est le levier le plus puissant pour sortir de l’inertie et redevenir l’acteur principal de votre vie.

Votre plan d’action : Auditez votre cercle d’influence

  1. Listez vos préoccupations : Prenez 10 minutes et listez par écrit tout ce qui vous frustre ou vous bloque concernant votre projet. Ne vous censurez pas.
  2. Triez et catégorisez : Reprenez chaque point et placez-le dans l’une des trois colonnes : « Contrôle direct » (vos actions, vos pensées), « Contrôle indirect » (vous pouvez influencer l’issue) ou « Hors de contrôle » (les autres, le passé, le contexte global).
  3. Identifiez votre point de levier : Entourez un seul élément dans la colonne « Contrôle direct ». C’est votre point de départ. Ignorez tout le reste pour le moment.
  4. Définissez une micro-action : Quelle est la plus petite action, réalisable en moins de 15 minutes, que vous pouvez entreprendre sur ce point de levier dès aujourd’hui ?
  5. Planifiez l’action : Ne vous contentez pas de la définir. Bloquez un créneau dans votre agenda pour la réaliser. C’est la première étape pour déplacer votre énergie vers votre cercle d’influence.

L’erreur de viser trop haut trop vite qui vous paralyse avant même de commencer

L’enthousiasme du début est un piège classique. Vous avez une idée brillante et vous imaginez immédiatement le résultat final : le livre publié, l’entreprise florissante, le corps d’athlète. Cet objectif final, grandiose et lointain, est tellement intimidant qu’il en devient paralysant. L’écart entre votre situation actuelle et cette vision parfaite semble infranchissable. C’est l’erreur de « viser la lune » sans construire la fusée. La conséquence ? Vous ne décollez jamais. Le perfectionnisme vous pousse à vouloir un plan parfait avant de commencer, et comme ce plan n’existe pas, vous reportez indéfiniment la première étape.

La solution contre-intuitive n’est pas de revoir vos ambitions à la baisse, mais de changer radicalement d’approche. Oubliez l’objectif final à 90 jours. Votre seul objectif pour les 30 premiers jours est de créer un « objectif-prototype ». Il s’agit d’une version « bêta », simplifiée et à petite échelle de votre projet. L’enjeu n’est pas la réussite, mais l’apprentissage. Vous ne visez pas à écrire un livre, mais à écrire trois pages. Vous ne visez pas à lancer une entreprise, mais à avoir une conversation avec un client potentiel. Cet objectif-prototype doit être suffisamment petit pour être non menaçant, ce qui court-circuite la paralysie par l’analyse.

Vue aérienne minimaliste d'un chemin sinueux avec des jalons marquant la progression

Le simple fait de formaliser ces petits pas est un acte puissant. Selon une étude, le fait d’écrire ses objectifs augmente leur probabilité de réalisation de manière significative. Une étude californienne a même révélé une augmentation de 42% de la probabilité de réussite pour les participants qui notaient leurs objectifs. En combinant cet acte d’écriture avec la méthode du prototype, vous créez un élan quasi inarrêtable.

Voici comment mettre en place cette méthode :

  • Jour 1-30 : Le Prototype. Définissez une version « test » de votre objectif, réalisable en 30 jours. Le but est de tester, d’apprendre et d’ajuster.
  • Engagement quotidien minimal : Consacrez-y entre 15 et 60 minutes par jour. L’important est la régularité, pas la durée. La question clé est : « Quelle est la plus petite chose que je puisse faire aujourd’hui ? ».
  • Jour 31 : Le Bilan. Analysez ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné. Pivotez, ajustez, et seulement maintenant, planifiez les 60 jours suivants sur la base de données réelles, et non plus d’hypothèses.

Optimiser sa motivation : trouver un « accountability partner » pour ne pas lâcher

La motivation est une ressource volatile. Se reposer uniquement sur sa propre volonté pour un projet de 90 jours est une stratégie à haut risque. Les jours sans, les doutes et les imprévus auront raison de la meilleure des intentions. Pour construire un plan résistant au sabotage, il faut externaliser une partie de la responsabilité. C’est le rôle de l’« accountability partner », ou partenaire de redevabilité.

Il ne s’agit pas d’un simple ami qui vous encourage, mais d’une personne avec qui vous prenez un engagement formel et mutuel. Le simple fait de savoir que quelqu’un attend de vos nouvelles, que vous devrez « rendre des comptes », décuple votre probabilité de passer à l’action. Cet engagement social active un levier psychologique puissant : notre désir de maintenir une image cohérente et fiable aux yeux des autres. C’est une forme de pression positive qui contrebalance la tendance à la procrastination.

Comment choisir le bon partenaire et structurer cette relation pour qu’elle soit efficace ?

  • Le bon profil : Choisissez quelqu’un qui a également un objectif à atteindre. La relation doit être réciproque. Il doit être bienveillant mais ferme, capable de célébrer vos victoires et de vous questionner sur vos échecs sans jugement. Évitez un partenaire qui risque d’être trop complaisant.
  • Le cadre de l’engagement : Définissez des règles claires dès le départ. Quel est l’objectif de chacun ? Quelle est la fréquence des points de suivi ? Quel est le format (appel, message, rencontre) ?

Méthodologie : Le système de redevabilité sur 90 jours

Un système d’accountability efficace repose sur un rituel structuré. Un pointage quotidien par message après avoir réalisé votre action clé de la journée peut suffire à maintenir l’élan. Cependant, un appel hebdomadaire de 30 minutes est le minimum recommandé pour un suivi de qualité. Ce point doit être préparé : chacun passe en revue son tableau de bord de la semaine, partage ses réussites, ses blocages et surtout, les leçons apprises. Le fait de planifier cet appel à un jour et une heure fixes crée une routine qui élimine la charge mentale de la synchronisation et ancre l’engagement dans la durée.

Cet allié externe n’est pas une béquille, mais un propulseur. Il vous aide à rester honnête avec vous-même et transforme un effort solitaire en une aventure partagée, ce qui est infiniment plus motivant sur la durée.

Comment évaluer vos 4 piliers de vie en 15 minutes avec un simple carnet ?

Définir un objectif SMART est une chose, mais s’assurer qu’il est en harmonie avec le reste de votre vie en est une autre. Un objectif qui entre en conflit avec vos valeurs profondes ou qui déséquilibre vos autres sphères de vie est un objectif voué à l’échec. Il sera la première victime de votre auto-sabotage. Avant de vous lancer dans un plan de 90 jours, il est donc impératif de faire un diagnostic rapide de votre « écologie personnelle ». Cela consiste à évaluer votre niveau de satisfaction actuel dans les grands domaines qui composent votre existence.

Ces domaines, ou « piliers », sont uniques à chacun. Pour certains, ce sera Carrière, Famille, Santé, Finances. Pour d’autres, Créativité, Spiritualité, Relations, Apprentissage. L’exercice suivant vous permet d’identifier vos piliers personnels et de mesurer leur état de santé en moins de 15 minutes. C’est un prérequis pour définir un objectif qui ne soit pas juste « pertinent » (le R de SMART) de manière abstraite, mais profondément aligné sur ce qui compte vraiment pour vous, ici et maintenant.

On surestime ce qu’on peut accomplir en une semaine… mais on sous-estime ce qu’on peut transformer en 90 jours.

– Sur Le Bon Chemin, Article sur la méthode des 90 jours

Voici la méthode pour réaliser votre évaluation personnelle :

  • Listez ce qui compte : Sur votre carnet, écrivez spontanément 10 à 15 choses qui ont de l’importance pour vous dans votre vie actuelle (ex : « mon travail », « passer du temps avec mes enfants », « faire du sport », « apprendre l’espagnol »).
  • Regroupez en 4 piliers : Cherchez des thèmes communs et regroupez ces éléments en 4 catégories qui vous sont propres. Nommez ces 4 piliers.
  • Notez votre satisfaction : Pour chaque pilier, attribuez une note de 1 (très insatisfait) à 10 (pleinement satisfait) reflétant votre ressenti actuel.
  • Associez un ressenti corporel : À côté de chaque note, décrivez la sensation physique associée. Par exemple, « Carrière : 4/10 = un nœud dans l’estomac » ou « Relations : 8/10 = une chaleur dans la poitrine ». Cela ancre l’évaluation dans le réel.
  • Identifiez la priorité : Regardez le pilier avec la note la plus basse. Votre objectif pour les 90 prochains jours devrait idéalement viser à améliorer cette note. Définissez LA plus petite action qui pourrait faire grimper cette note de 0.1 point. C’est votre point de départ.

Test institutionnel ou introspection japonaise : quelle méthode pour une vraie vocation ?

Trouver l’objectif qui vous fera vibrer pendant 90 jours et au-delà nécessite souvent de clarifier votre « vocation » ou votre « zone de génie ». Face à ce besoin de clarté, deux grandes voies s’offrent à vous : les tests de personnalité structurés et les approches d’introspection plus holistiques. Chacune a ses forces et ses limites, et le choix dépend de votre personnalité et de votre besoin du moment.

D’un côté, les tests institutionnels comme le MBTI (Myers-Briggs Type Indicator) ou le test STRONG (Strong Interest Inventory) offrent une approche analytique et rapide. En répondant à une série de questions standardisées, vous obtenez un profil type et des pistes de carrières ou de projets statistiquement associées à ce profil. C’est un excellent point de départ pour générer des hypothèses et explorer des voies que vous n’auriez pas envisagées. Leur principale limite est qu’ils peuvent vous enfermer dans des « cases » et manquer la nuance de votre personnalité unique.

De l’autre côté, l’introspection de type Ikigai propose une démarche plus profonde et personnelle. Cette philosophie japonaise vous invite à trouver le point de convergence entre quatre dimensions fondamentales : ce que vous aimez, ce pour quoi vous êtes doué, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi vous pouvez être payé. Ce n’est pas un test à remplir, mais un processus de réflexion continu qui peut prendre plusieurs semaines. Son avantage est de permettre un alignement puissant avec vos valeurs et vos aspirations profondes. Son risque est de rester à un niveau trop abstrait si la réflexion n’est pas suivie d’actions concrètes pour tester les pistes identifiées.

Le tableau suivant met en évidence les différences clés pour vous aider à choisir l’outil le plus adapté à votre quête de clarté.

Tests institutionnels vs Méthode Ikigai : Forces et limites
Aspect Tests institutionnels (MBTI, STRONG) Introspection Ikigai
Approche Analytique, basée sur des questions standardisées Holistique, exploration personnelle profonde
Durée 30 min à 2h Processus continu sur plusieurs semaines
Résultat Profils types, orientations générales Intersection personnalisée de 4 dimensions
Avantage principal Génère rapidement des hypothèses à explorer Alignement profond avec ses valeurs
Limite principale Peut enfermer dans des cases Peut rester trop abstrait sans action

Plutôt que d’opposer ces méthodes, la stratégie la plus efficace est souvent de les combiner : utiliser un test pour générer des idées, puis utiliser le cadre de l’Ikigai pour valider et approfondir la piste qui résonne le plus avec vous.

À retenir

  • La clé du succès n’est pas un plan parfait, mais un plan résistant à vos propres mécanismes d’auto-sabotage.
  • Cessez de vous épuiser sur ce que vous ne contrôlez pas. Votre pouvoir réside dans votre cercle d’influence, aussi petit soit-il.
  • Remplacez les objectifs intimidants par des « objectifs-prototypes » sur 30 jours pour créer un élan et apprendre par l’action.

Comment trouver votre zone de génie unique au-delà de vos simples compétences techniques ?

Votre véritable valeur ajoutée, votre « zone de génie », ne se trouve que rarement dans la liste de vos compétences techniques sur votre CV. Ce sont les « comment » plutôt que les « quoi ». C’est cette manière unique que vous avez de résoudre les problèmes, de communiquer ou de structurer l’information, et qui vous semble si naturelle que vous ne la considérez même plus comme une compétence. C’est pourtant là que résident votre plus grand potentiel et votre motivation la plus durable. Les personnes qui réussissent leurs projets sur le long terme sont celles qui ont aligné leurs objectifs avec cette zone de génie.

Pour la dénicher, il faut jouer à l’archéologue de votre propre histoire. L’approche de l’archéologie personnelle consiste à analyser vos réussites passées, professionnelles comme personnelles, même les plus anciennes, en changeant de prisme. Au lieu de vous demander « Qu’ai-je fait ? », demandez-vous « Comment l’ai-je fait ? ». Par exemple, au lieu de noter « J’ai organisé l’événement annuel de l’entreprise » (le quoi), vous pourriez identifier « En anticipant les besoins de chacun et en créant une atmosphère où tout le monde se sentait à l’aise » (le comment). Ce « comment » est une facette de votre zone de génie.

Cette exploration révèle souvent des talents transversaux : simplifier le complexe, connecter les gens, apporter de la clarté dans le chaos, transformer une idée abstraite en un plan concret… Une fois ce fil rouge identifié, le choix de votre prochain objectif de 90 jours devient une évidence. Vous devez choisir un projet qui vous force à utiliser et à développer cette aptitude naturelle. C’est en choisissant un objectif qui demande une évolution personnelle que la motivation devient intrinsèque et que le passage à l’action cesse d’être une corvée.

L’objectif n’est plus simplement d’accomplir une tâche, mais de devenir une meilleure version de vous-même à travers le processus. C’est ce qui transforme un simple projet en une véritable quête personnelle, vous protégeant ainsi de l’abandon au premier obstacle.

Maintenant que vous avez diagnostiqué vos blocages et clarifié la direction, l’étape suivante consiste à passer à l’action de manière structurée. Pour mettre en pratique ces conseils et construire votre plan de 90 jours personnalisé, un accompagnement peut faire toute la différence pour maintenir le cap et maximiser vos résultats.

Questions fréquentes sur la transformation de vos objectifs

Quelles activités me donnent de l’énergie plutôt que de m’en coûter ?

Listez les tâches après lesquelles vous vous sentez plus énergique qu’avant de commencer. C’est souvent un indicateur de votre zone de génie.

À quels moments mes proches m’ont-ils vu le plus ‘dans mon élément’ ?

Envoyez cette question à 5-10 personnes de confiance. Les réponses externes révèlent souvent ce que vous ne voyez plus vous-même.

Quel est le dénominateur commun de mes plus grandes réussites ?

Cherchez le processus ou l’approche qui revient systématiquement, indépendamment du domaine d’application.

Rédigé par Camille Vasseur, Psychologue clinicienne spécialisée en santé mentale au travail et prévention du burnout, avec 12 ans d'expérience en cabinet libéral et intervention en entreprise. Elle accompagne les actifs dans la gestion du stress, la charge mentale et l'équilibre vie pro/vie perso.